Le CESER Pays de la Loire publie son rapport « Culture dans les territoires », fruit d’une démarche de terrain menée auprès de plus de 150 acteurs culturels dans neuf territoires de la région. L’étude analyse les dynamiques, les besoins et les fragilités des politiques culturelles locales et formule plusieurs préconisations pour renforcer leur rôle dans la cohésion, l’attractivité et le développement des territoires.
Une étude fondée sur les réalités des territoires
Présenté le 23 juin 2026 par Morgane Poupard, au nom de la commission « Culture – Patrimoine – Sport – Tourisme – Vie associative », le rapport s’appuie sur des rencontres avec des élus, artistes, professionnels, associations et acteurs culturels dans des territoires urbains comme ruraux. Cette démarche de terrain vise à prendre en compte la diversité des situations et des politiques culturelles menées en Pays de la Loire.
Le CESER considère que la culture ne peut plus être envisagée comme un simple volet d’animation ou d’accompagnement. Elle constitue, selon le rapport, un levier de cohésion sociale et territoriale, d’attractivité, de participation citoyenne et de développement local.
L’étude met également en évidence plusieurs fragilités : complexité des dispositifs de financement, instabilité des soutiens, difficultés d’accès à l’offre culturelle dans certains territoires, manque d’ingénierie et de coopération entre acteurs, ou encore fragilisation de l’emploi et du bénévolat.
Renforcer la coopération et la co-construction
Parmi les principaux enjeux identifiés figure la nécessité de mieux associer collectivités, associations, professionnels, habitants et partenaires à la définition des politiques culturelles. Le CESER préconise notamment de renforcer la contractualisation locale et les projets culturels de territoire, tout en limitant le recours aux appels à projets au profit de soutiens davantage inscrits dans la durée.
Le rapport préconise également de développer une observation partagée des filières culturelles et de renforcer la coopération à l’échelle régionale. Il propose notamment la création d’un inter-pôles régional consacré à l’observation des filières et à la mutualisation des moyens, ainsi que la mise en place d’une instance de concertation entre les différents financeurs et collectivités.
Ces enjeux rejoignent directement les problématiques rencontrées par les acteurs du patrimoine : connaissance des ressources et des besoins, mise en réseau des professionnels, mutualisation, ingénierie et construction de projets à l’échelle des territoires.
Accessibilité, médiation et proximité
L’étude accorde également une place importante à l’accessibilité culturelle, entendue au-delà de la seule question tarifaire. Mobilité, handicap, horaires, sentiment de légitimité ou encore éloignement géographique peuvent constituer autant de freins à la participation.
Le CESER souligne notamment le rôle de la médiation culturelle, considérée comme un outil essentiel pour créer des liens entre les projets, les lieux et les habitants. Les lieux patrimoniaux et l’espace public sont identifiés comme des supports privilégiés pour développer de nouvelles formes de médiation et de participation.
Le rapport encourage également le développement de dispositifs itinérants, de résidences en milieu rural, de lieux culturels de proximité et d’actions « hors les murs », afin de réduire les inégalités territoriales d’accès à la culture.
Des financements plus stables et une ingénierie renforcée
Le rapport pointe la fragilité financière de nombreux acteurs culturels et les effets de la complexité des dispositifs d’aide. Le CESER relève notamment la charge administrative que représente la multiplication des appels à projets, particulièrement lourde pour les petites structures et les territoires disposant de peu d’ingénierie.
Parmi ses préconisations, il propose de renforcer la part des financements consacrée au fonctionnement des structures, afin de favoriser la stabilité des équipes, des équipements et des projets. Il appelle également à faciliter l’accès aux fonds européens, à développer des fonds de dotation territoriaux et à renforcer les possibilités de mutualisation des ressources.
Une réflexion qui concerne aussi le patrimoine
En plaçant la coopération, la proximité, la médiation, la structuration des acteurs et la pérennité des financements au cœur de ses recommandations, le rapport apporte des éléments de réflexion qui dépassent le seul champ de la création artistique.
Les acteurs du patrimoine, leurs réseaux et les structures qui contribuent à la connaissance, à la préservation et à la transmission des patrimoines participent pleinement à cet écosystème territorial. Le rapport souligne d’ailleurs l’importance des ressources culturelles locales et identifie les lieux patrimoniaux comme des supports privilégiés pour développer de nouvelles formes de médiation et de participation.
Cette étude constitue ainsi une ressource utile pour les professionnel·les et acteurs associatifs du patrimoine qui souhaitent inscrire leurs projets dans une réflexion plus large sur les politiques culturelles et le développement des territoires.